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Acte premier.
M A Z A E L.
Le sang 8c l’amitié les unissent tous deux ;
Mais je n’ai jamais vu....
Salomé.
Vous n’avez pas mes yeux!Sur mon malheur nouveau je fuis trop éclairée :
De ce trompeur hymen la pompe différée,
Les froideurs de Sohême 8c ses discours glacés,M’ont expliqué ma honte 8c m’ont instruite assez.
M A Z A E L.
Vous pensez en effet qu’une femme sévère,
Qui pleure encore ici son aïeul 8c son frère,
Et dont l'esprit hautain , qu’aigrissent ses malheurs,Se nourrit d’amertume 8c vit dans les douleurs ,Recherche imprudemment le funeste avantageD’enlever un amant qui fous vos lois s'engage!L’amour est-il connu de son superbe cœur?
Salomé.
Elle l’inspire au moins, 8c c’est-là mon malheur.
M A z A E L.
Ne vous trompez-vous point? Cette ame impérieuse,Par excès de fierté semble être vertueuse :
A vivre sans reproche elle a mis son orgueil.
Salomé.
Cet orgueil si vanté trouve enfin son écueil.
Que m’importe, après tout, que son ame hardie,De mon parjure amant flatte la perfidie ;
Ou qu’exerçant sur lui son dédaigneux pouvoir,
Elle ait fait mes tourmens fans même le vouloir?Qu’elle chérisse ou non le bien qu’elle m’enlève ,
Je le perds, il suffit; sa fierté s’en élève;