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Tome premier.
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M A R I A M N E.

ACTE V.

SCENE PREMIERE.

M ARIA M NE, ELISE, Gardes,

M A R I A M N E.

Eloicnez-vous , soldats, daignez laisser du moinsVotre reine un moment respirer sans témoins.

( Les gardes Je retirent au coin du théâtre. )

Voilà donc, juste Dieu, quelle est ma destinée !La splendeur de mon sang, la pourpre où je suis née.Enfin ce qui semblait promettre à mes beaux joursD’un bonheur assuré F inaltérable cours ;

Tout cela n’a donc fait que verser sur ma vieLe funeste poison dont elle fut remplie.

O naissance ! ô jeunesse ! &: toi , triste beauté, {a)Dont F éclat dangereux enfla ma vanité ,

Flatteuse illusion dont je fus occupée ,

Vaine ombre de bonheur, que vous m’avez trompée !Sous ce trône coupable un éternel ennuiM’a creusé le tombeau que l’on m'ouvre aujourd’hui.Dans les eaux du Jourdain j’ai vu périr mon frère ;Mon époux à mes yeux a massacré mon père ;

Par ce cruel époux condamnée à périr ,

Ma vertu me restait , on ose la flétrir.

Grand Dieu ! dont les rigueurs éprouvent l’innocence ,Je ne demande point ton aide ou ta vengeance.