Acte cinquième, 263
Non, Seigneur, non, son cœur n’était point infidelle.Hélas ! lorsque Sohëme a combattu pour elle,
Votre épouse, à mes yeux détestant son secours ,Volait pour vous défendre au péril de ses jours.Herode.
Ou’entends-je ? ah malheureux! ah désespoir extrême !Narbas , que m'as - tu dit?
N A R b A s.
C'est dans ce moment mêmeOù son cœur se fêlait ce généreux effort,
Que vos ordres cruels l’ont conduite à la mort.Salomé avait pressé l’instant de son supplice.Herode.
O monstre, qu’à regret épargna ma justice !
Monstre, quels châtimens font pour toi réservés !
Que ton sang, que le mien. .. Ah! Narbas, achevez:Achevez mon trépas par ce récit funeste.
Narbas.
Comment pourrai-je, hélas ! vous apprendre le reste?Vos gardes de ces lieux ont osé l’arracher.
Elle a suivi leurs pas fans vous rien reprocher,
Sans affecter d’orgueil, 8c fans montrer de crainte.
La douce majesté fur son front était peinte.
La modeste innocence , 8c l’aimable pudeur,
Régnaient dans ses beaux yeux, ainsi que dans son cœur ;Son malheur ajoutait à l'éclat de ses charmes.
Nos prêtres, nos hébreux, dans les cris, dans les larmes,Conjuraient vos soldats, levaient les mains vers eux,Et demandaient la mort avec des cris affreux.
Hélas ! de tous côtés, dans ce désordre extrême,
En pleurant Mariamne, on vous plaignait vous-même :
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