SUR M A R I A M N E.
287
Ses généreuses mains pourront séciter nos pleurs.Je ne demande point qu il venge mes malheurs ,Que fur mes ennemis son bras s’appesantisse ;
C est assez que mes fils , témoins de fa justice ,Formés par son exemple , 8c devenus Romains ,Apprennent à régner des maîtres des humains.
Donnez-moi dans la nuit des guides assurés,Jusque sur vos vaisseaux dans Sidon préparés.
Je ne m’attendais pas, que vous dussiez vous-mêmeMettre aujourd hui le çomble à ma douleur extrême.
Ma constante amitié respecte encor Varus.
S C E X E VI.
VARUS, ALBIN.Albin.
ou s vous troublez, Seigneur, Sc changez de vi&ge.
Varus.
J’ai senti, je l’avoue , ébranler mon courage.
Ami , pardonne au feu dont je suis consuméCes faiblesses d un cœur qui n’avait point aimé.
Je ne connaissais pas tout le poids de ma chaîne,
Je la sens à regret, je la romps avec peine.
Avec quelle douceur, avec quelle bonté ,
Elle imposait silence à ma témérité 1
Sans trouble Sc fans courroux, fa tranquille sagesse
M apprenait mon devoir, Sc plaignait ma faiblesse;
J'adorais, cher Albin, jusques à ses refus;
J ai perdu 1 espérance, Sc je 1 aime encor plus.
A quelle épreuve, ô Dieux! ma constance est réduite !
Albin.
Etes-vous résolu de préparer sa fuite?