Acte
premier.
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B R U T U S.
Rome fait à quel point fa liberté m’est chère :
Mais, plein du même esprit, mon sentiment diffère.Je vois cette ambassade, au nom des souverains,Comme un premier hommage aux citoyens romains.Accoutumons des rois la fierté despotiqueA traiter en égale avec la république ;
Attendant que du ciel remplissant les décrets ,Quelque jour avec elle ils traitent en sujets.
Arons vient voir ici Rome encor chancelante ,Découvrir les ressorts de fa grandeur naissante,
Epier son génie, observer son pouvoir ;
Romains , c’est pour cela qu'il le faut recevoir.L’ennemi du Sénat connaîtra qui nous sommes :
Et l'esclave d’un roi va voir enfin des hommes.
Oue dans Rome à loisir il porte ses regards ;
II la verra dans vous : vous êtes ses remparts.
Qu’il révère en ces lieux le dieu qui nous rassemble ;Ou’il paraisse au Sénat, qu’il écoute, 8: qu’il tremble.
( Les Sénateurs se lèvent , ù s'approchent un moment pourdonner leurs voix. )
Valerius-Publicola.
Je vois tout le Sénat passer à votre avis ;
Rome 8c vous l’ordonnez : à regret j’y souscris.Licteurs, qu’on l’introduise; 8c puisse sa présenceN’apporter en ces lieux rien dont Rome s’offense.(à Brutus.)
C’est sur vous seul ici que nos yeux font ouverts :C’est vous qui le premier avez rompu nos fers :
De notre liberté soutenez la querelle ;
Brutus en est le père, 8c doit parler pour elle.