Acte second.
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Le haïssez-vous plus que vous n’aimez Tullie ?Titus.
Ah ! j’aime avec transport : je hais avec furie :
Je fuis extrême en tout, je l’avoue, 8c mon cœurVoudrait en tout fe vaincre, 8c connaît son erreur.
M E s S A L A.
Et pourquoi, de vos mains déchirant vos blessures,Déguiser votre amour, 8c non pas vos injures?Titus.
Que veux-tu , Messala ? J’ai , malgré mon courroux ,Prodigué tout mon sang pour ce Sénat jaloux.
Tu le fais, ton courage eut part à ma victoire.
Je sentais du plaisir à parler de ma gloire,
Mon cœur, énorgueilli des succès de mon bras,Trouvait de la grandeur à venger des ingrats ;
On confie aisément des malheurs qu’on surmonte?Mais qu’il est accablant de parler de fa honte iMessala.
Quelle est donc cette honte, 8c ce grand repentir ?
Et de quels sentimens auriez-vous à rougir?
Titus.
Je rougis de moi-même, 8c d’un feu téméraire.Inutile, imprudent, à mon devoir contraire
Messala.
Quoi donc! l’ambition, l’amour 8c ses fureurs,
Sont-ce des passions indignes des grands cœurs?
Titus,
L’ambition , l’amour, le dépit, tout m’accable ;
De ce conseil de rois l’orgueil insupportable