Acte quatrième. 371
Je n’en saurais douter; on nous trahit, Seigneur.
De cet affreux complot j’ignore encor hauteur;
Mais le nom de Tarquin vient de se faire entendre,
Et d’indignes Romains ont parlé de se rendre.
B R u t u s.
Des citoyens romains ont demandé des fersV A L E R I U S.
Les perfides m’ont fui par des chemins divers ;
On les fuit. Je soupçonne 8c Ménas 8c Lélie,
Ces partisans des rois 8c de la tyrannie,
Ces secrets ennemis du bonheur de l’Etat,
Ardens à désunir le peuple 8c le Sénat.
Meffala les protège ; 8c dans ce trouble extrême,J’oserais soupçonner jusqu’à Meffala même,
Sans l’étroite amitié dont l’honore Titus.
B R u T u s.
Observons tous leurs pas, je ne puis rien de plus ;
La liberté, la loi dont nous sommes les pères,
Nous défend des rigueurs peut-être nécessaires.
Arrêter un Romain fur de simples soupçons,
C'est agir en tyrans, nous qui les punissons. *
Allons parler au peuple, enhardir les timides,Encourager les bons, étonner les perfides.
Que les Pères de Rome 8c de la libertéViennent rendre aux Romains leur intrépidité;
Quels cœurs en nous voyant ne reprendront courage ?Dieux ! donnez-nous la mort plutôt que l’esclavage.
Que le Sénat nous suive.
A a 2