E R Y P II I L E.
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Mais, hélas! qu’il en coûte à déclarer fa honte! ( 2 )Zelonide.
Une douleur injuste, un vain effroi vous dompte;
La vertu la plus pure eut toujours tous vos foins :Votre cœur n'aime qu’elle.
Eryphile.
II le voudrait du moins.
Tu n’étais pas à moi, lorsqu un triste hyménéeAu sage Amphiaraiis unit ma destinée.
Zelonide.
Vous sortiez de l’enfance, 8c de vos heureux joursSeize printemps à peine avaient marqué le cours.
Eryphile.
C’est cet âge fatal 8c fans expérience ,
Ouvert aux passions, faible, plein d'imprudence,C’est cet âge indiscret qui fit tout mon malheur.
Un traître avait surpris le chemin de mon cœur :Hélas! qui l'aurait cru que ce fier Hermogide,
Race des demi-dieux, issu du sang d’Alcide,
Sous l’appât d'un amour si tendre, si flatteur,
Des plus noirs fentimens cachât la profondeur.
On lui promit ma main : mon cœur faible 8c sincère ,Dans ses rapides vœux soumis aux lois d’un père,Trompé par son devoir 8c trop tôt enflammé ,
Brûla pour un barbare indigne d’être aimé ;
Et lorsqu'à l’oublier on voulut me contraindre ,
Mes feux trop allumés ne pouvaient plus s’éteindre. (d)Amphiaraiis parut 8c changea mon destin ;
II obtint de mon père 8c l'Empire 8c ma main.
11 régna : je l'armai de ce fer redoutable ,
Du fer sacré des rois, dont une main coupable