Acte troisième. 425
Aujourd’hui même encore, ils m’ont dit qu’il respire.Je vais mettre en ses mains mes jours 8c mon Empire.Je fais trop que ce dieu, maître éternel des dieux,Jupiter, dont l’oracle est présent en ces lieux,
Me prédit, m’assura que ce fils sanguinairePorterait le poignard dans le sein de sa mère.
Puisse aujourd’hui, grand Dieu , l’effort que je me sais,Vaincre l’affreux destin qui l’entraîne aux forfaits!Oui, Peuple , je le veux: oui, le roi va paraître:
Je vais à le montrer obliger le grand-prêtre.
Les dieux qui m’ont parlé veillent encor fur lui;
Ce secret au grand jour va briller aujourd’hui.
De mon fils déformais il n’est rien que je craigne ;Qu’on me rende mon fils, qu’il m’immole, 8c qu’il règne.II E R M O G X D E.
Peuples, Chefs, il faut donc m’expliquer à mon tour:L’affreuse vérité va donc paraître au jour.
Ce fils qu’on redemande afin de mieux m’exclure,Cet enfant dangereux, l’horreur de la nature ,
Né pour le parricide , 8c dont la cruautéDevait verser le sang du sein qui l’a porté :
II n’est plus. Son supplice a prévenu son crime.
E R Y P H I L E.
Ciel
Hermogide.
Aux portes du temple on frappa la victime.Celui qui l’enlevait le suivit au tombeau, (n)
II fallait étouffer ce monstre en son berceau ;
A la reine, à l'Etat son sang fut nécessaire;
Les dieux le demandaient : je servis leur colère.Peuple, n’en doutez point : Euphorbe, Nicétas,
Sont les secrets témoins de ce juste trépas.