Acte troisième. 427
A I. C M E O N.
Reine, c’eft trop souffrir qu'un monstre vous outrage:Confondez son orgueil &: punissez sa rage.
Tous vos guerriers font prêts ; permettez que mon bras....Eryphile.
Es-tu lasse, Fortune? Est-cc assez d’attentats ?
Ah ! trop malheureux fils , Sc toi, cendre sacrée ,Cendre de mon époux de vengeance altérée ,
Mânes sanglans, saut-il que votre meurtrierRègne sur votre tombe Sc soit votre héritier !
Le temps, le péril presse, il faut donner l’Empire.
Un dieu dans ce moment, un dieu parle Sc m’inspire;Je cède, je ne puis, dans ce jour de terreur,
Résister à la voix qui s’explique à mon cœur.
C’est vous, maître des rois Sc de la destinée ;
C’est vous qui me forcez à ce grand hymenée.Alcméon, si mon fils est tombé fous ses coups....Seigneur.... vengez mon fils, Sc le trône est à vous.
A l c m e o n .
Grande Reine, est-ce à moi que ces honneurs insignes....Eryphile.
Ah ! quels rois dans la Grèce en seraient aussi dignes ? (o)11s n’ont que des aïeux, vous avez des vertus.
Ils font rois, mais c’est vous qui les avez vaincus.C’est vous que le ciel nomme Sc qui m’allez défendre:C’est vous qui de mon fils allez venger la cendre.Peuples, voilà ce roi si long temps attendu ,
Oui seul vous a fait vaincre, Sc seul vous était dû,Le vainqueur de deux rois, prédit par les dieux même.Qu’il soit digne à jamais de ce saint diadème !