VARIANTE
D’ E R r P H I L E.
(a) Cet enfant par mes mains à la mort arraché ,
Ce présent des destins , chez vous long-temps caché ,Par des exploits fans nombre aujourd’hui justifieL, œil pénétrant des dieux qui veilla fur fa vie.
( b ) Theandre.
Qu avec étonnement cependant je contemple
Les couronnes de fleurs dont vous parez le temple !
La publique alé greffe ici parle à mes yeuxDu bonheur de la terre , 8c des faveurs des dieux.
le Grand-Pretre.
La Grèce ainsi l’ordonne ; 8c voici la journéeQue pour ce nouveau choix elle a déterminée.Hermogide , 8c les rois d’Elide 8c de Pylos ,
Qui briguaient cet hymen 8c désolaient Argos ,Suspendant aujourd’hui leur discorde 8c leur haine ,
Ont remis leurs destins à la voix de la reine ;
Elle doit en ces lieux disposer de sa foi ,
Se choisir un époux, 8c nous donner un roi.Theandre.
O Ciel ! souffririez - vous que le traître HermogideReçût ce noble prix d’un si lâche homicide ?
le Grand-Pretre.
La reine hésite encore 8c craint de déclarerCelui que de son choix elle veut honorer.
Mais quel que soit enfin le dessein d Eryphile ,
Les temps font accomplis ; son choix est inutile.Theandre.
Pour un hymen , grands Dieux, quel étrange appareil !Ce matin , devançant le retour du soleil ,
J ai vu dans ce palais la garde redoublée ;
La reine était en pleurs, interdite, troublée ;
Dans son appartement elle n'osait rentrer : *
Une secrète horreur semblait la pénétrer.
Ff 4