Acte second.
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R A M I R E.
Je suis loind’être ingrat, non , mon cœur ne peut l’être.Z u L i M E.
Sans doute....
R A M i r E.
Mais en moi vous ne verriez qu’un traître,Si tout prêt à partir je cachais à vos yeuxUn obstacle fatal opposé par les cieux.
Z u L i M E.
Un obstacle !
R A M I R E-Une loi formidable, éternelle.
Z u L i m E.
Vous m’arrachez le cœur; achevez, quelle est-elle ?
R A M i r E.
C’est la religion... Je sais qu'en vos climats,
Où vingt peuples mêlés ont changé tant d’Etats,L’hymen unit souvent ceux que leur loi divise.
En Espagne autrefois cette indulgence admise,Déformais parmi nous est un crime odieux;
La loi dépend toujours 8c des temps 8c des lieux.
Mon sang dans mes Etats m’appelle au rang suprême,Mais il est un pouvoir au-dessus de moi-même.
Z u L I M E.
Je t’entends, cher Ramire, il faut t’ouvrir mon cœur,Pour ma religion j'ai connu ton horreur :
J en ai souvent gémi; mais s'il ne faut rien taire,
A mon ame en secret tu la rendis moins chère.
Soit erreur ou raison, soit ou crime ou devoir,
Soit du plus tendre amour l’invincible pouvoir,(Puisse le juste ciel excuser mes faiblesses ! )
Du sang en ta faveur j’ai bravé les tendresses ;
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