Acte troisième. 55
SCENE VI.
R A M I R E, A T I D E.
A T I D E.
.A.H! Prince, on vous attend.II n’est plus de danger, l’amour seul vous défend.Zulime est appaisée; 8c tant de violence,
Tant de transports affreux, tant d’apprêts de vengeance,Tout cède à la douceur d’un repentir profond ;
E'orage était soudain, le calme est auffì prompt.
J’ai dit ce que j’ai dû pour adoucir sa rage ;
Et l’amour à son cœur en disait davantage.
Ses yeux auparavant si fiers, si courrouces,
Mêlaient des pleurs de joie aux pleurs que j’ai versés.J’ai saisi cet instant, favorable à la fuite :
Jusqu’au pied du vaisseau soudain je l’ai conduite;J’ai hâté vos amis; la moitié fuit mes pas,
L’autre moitié s’embarque, ainsi que vos soldats;
On n’attend plus que vous : la voile se déploie.
R A M i R E.
Ah Ciel! qu’avez-vous fait?
A T I D E.
Les pleurs où je me noie,Seront les derniers pleurs que vous verrez couler.C’en est fait, cher amant, je ne veux plus troublerLe bonheur de Zulime, Sc le vôtre peut-être.
Vous êtes trop aimé, vous méritez de hêtre.
D 4