66
M E.
Z U L I
Z U L I M E.
De Ramire !
S E R A M E.
De lui. Son indigne artificeVous fesait sa victime, ainsi que sa complice. '
Z u L i m E.
Je ne le sais que trop. Hélas ! que de forfaits í‘
S E R A M E.
Oue j 1 aime à voir vos yeux dessillés pour jamais !
Des pleurs que vous versiez fa vanité s’honore»:
II vous trompe , il vous hait.
Z u L i m E.
Sérame, je l’adore. (3)S E R A M E.
Oui ? vous !
Z U L I M E.
Un dieu barbare assemble dans mon cœurL’excès de la faiblesse , 8c celui de l'horreur.
C’est en vain que j’ai cru triompher de moi-même.Je déteste mon crime, 8c je sens que je l'aime:
Je n’y résiste plus : ce poison détesté,
Par mes tremblantes mains aujourd’hui rejeté ,
De toutes les fureurs m'embrase 8c me déchire.
Au bord de mon tombeau j’idolâtre Ramire.
Tel est dans les replis de ce cœur dévoréCe pouvoir malheureux, de moi-même abhorré ;
Oue si, pour couronner fa lâche perfidie,
Ramire en me quittant eût demandé ma vie ;
S’il m'eût aux pieds d’Atide immolée en fuyant ;
S’il eût insulté même à mon dernier moment;
Je l'eusse aimé toujours, 8c mes mains défaillantesAuraient cherché ses mains de mon sang dégouttantes.