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Acte cinquième.
J’allais vous arracher, au péril de vos jours,
Ce déplorable objet de mes cruels amours.
Oui. toutes les fureurs ont embralé Zulime;
La nature en tremblait; mais je volais au crime.
Je vous vois; un regard a détruit mes fureurs;
Le fer m'est échappé ; je n’ai plus que des pleurs ;
Et ce cœur tout brûlant d'amour 8c de colère ,
Tout forcené qu’il est, volt un dieu dans son père.Que ce dieu tonne enfin , qu’il frappe de ses coupsL’objet, le seul objet d'un si juste courroux.
Faut-il pour mes forfaits que Ramire périsse?
Ah! peut-être il est loin d’en être le complice;Peut-être pour combler l’horreur où je me voi,
Si Ramire est un traître, il ne l’est qu’envers moi.Etouffez dans mon sang ce doute que j’abhorie;
Qui déchire mes sens, qui vous outrage encore.J'idolâtre Ramire, 8c je ne puis, Seigneur,
Vivre un moment fans lui, ni vivre fans honneur.J’ai perdu mon amant, Sc mon père, 8c ma gloire,Perdez de tant d’erreurs la honteuse mémoire;Arrachez-moi ce cœur que vous m’avez donné ,
De tous les cœurs , hélas ! le plus infortuné.
Je baise cette main dont il faut que j’expire ;
Mais pour prix de mon sang , pardonnez à Ramire :Ayez cette pitié pour mon dernier moment,
Et qu’au moins votre fille expire en vous aimant.
Benassar.
O Ciel, qui l’entendez ! ô faiblesse d’un père !
Quoi ! ses pleurs à ce point fléchiraient ma colère !Me faudra-t-il les perdre, ou les sauver tous deux?Faut-il dans mon courroux faire trois malheureux?