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Tome troisieme.
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DE Z U L I M E.

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L "amour, qui me conduit sur ces funestes bords ,

Ne m'a fait jufqu’ici sentir que des remords.

Je ne me cache point ma honte 8c mon parjure ;

J outrage mes aïeux , j offense la nature:

Mais Ramire expirait, Sc vous alliez périr ;

Ouci qu il en ait coûté, j’ai dû vous secourir.

Le fier Egyptien , dont 1 orgueil téméraireDomine insolemment dans 1 Etat de mon père ;

Sur Ramire 8c fur vous était prêt à vengerNos soldats, qu’à Valence on venait dégorger.

Des nations, dit-on , tel est le droit horrible.

La vengeance parlait , mon père, en vain sensible „

Laissait ployer bientôt sa faible autorité

Sous le poids malheureux de ce droit détesté.

Les autels 8c les lois demandaient votre vie :

Vous savez si la mienne à la vôtre est unie 1L amitié dont mon cœur au vôtre était lié ,

L amour plus fort que tout, plus grand que f amitié,Votre danger, ma crainte, hélas ! si I on m accuse ,Voilà tous mes forfaits, mais voilà mon excusé.

Si j’ai trahi mon père 8c quitté ses Etats ,

Ciel qui me connaissez , ne m en punissez pas !

A T I D E.

Mais Ramire en est digne, il pourra désormaisPayer d un digne prix vos augustes bienfaits.

Son destin chez les siens l’appelle au rang suprême;Et puisque vous l’aimez. . .

Z U L i M E.

Atide , si je l’aime !

Tu ne 1 ignorais pas : t’ai-je jamais cachéLes secrets de ce cœur que lui seul a touché ?

Je corrigeai le sort qui te fit ma captive ;

Tu sais si j enhardis ton amitié craintive ;

Si, fuyant de mon rang la dure austérité ,

Ma tendresse entre nous remit l égalité.

Nos cœurs se confondaient ; tu vis naître en mon imeLes traits mal démêlés de ma secrète flamme.

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