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Z U L I M E. 89
Que jc rentre à jamais aux fers où je fuis né ,
Tombe en cendres le trône où je fuis destiné,
Si jc trahis jamais la malheureuse Atide.
Mais auffi que la foudre écrase le perfide ,
Oue je sois en horreur aux siécles à venir ,
S il faut tromper Zulime 8c s il faut la trahir.
I D A M O R E.
Ah ! Seigneur, croyez-moi, son erreur est trop chère:
N arrachez point un voile à tous trois nécessaire :
11 n'est de malheureux que des cœurs détrompés.
D un jour trop odieux ses yeux seraient frappés :
Lestez. ..
R A M I R E.
Ah ! fallait-il que ta funeste adresseDe Zulime à ce point égarât la faiblesse ?
Fallait-il lui promettre 8c ma main 8c mon coeur?
11s n étaient point à moi, tu m'as perdu d honneur.
I D A M O R E.
C’est moi qui vous sauvai, vous, Atide 8c Valence.
Un trône vous appelle, 8c votre esprit balance ?
Et d un vain repentir vous écoutez la voix?
R A M I R E.
conte mon devoir.
I D A M O R E.
11 est celui des rois.
R A m 1 R e.
Je fuis bien loin de 1 être; Sc c’est un triste augureD être esclave en Astique , 8c d en fuir en parjure.
I D A M O R E.
Feignez un jour du moins.
R A M I R E.
C en est trop pour mon cœur.
Avec ses ennemis on feint fans déshonneur ;
Mais tromper une femme 8c tendre 8c magnanime ,
L entraîner dans le piège , 8c la conduire au crime ;
De ce crime si cher la punir de ma main ,
M armer de ses bienfaits pour lui percer le sein ;