DE Z U L I M E.
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Suivez l'heureux conseil que Raraire a donné ;
Chassez de votre cœur ce trait empoisonné.
Croyez-moi, jetez-vous entre les bras d un père :
A son cœur éperdu sa fille est toujours chère.
Cet amour malheureux , dont il aura pitié,
N'égale point 1 ardeur de fa tendre amitié.
Votre faiblesse enfin, de vos remords suivie ,
Lui rendrait à la fois 8c la gloire 8c la vie.
Z U L I M E.
Je le fais, je l’avoue, il avait mérité ,
Et plus d obéissance 8c moins de cruauté.
Je vois toute ma faute 8c mon ignominie.
II ne fait point, hélas ! combien je fuis punie.
* Mon châtiment, Sérame, est dans mes attentats :
* Je fus dénaturée, 8c j ai fait des ingrats !
Ramire ingrat ! Ramire ! Au moment où mon ameEût pensé que mes feux n’égalaient point sa stâme,Quand ses yeux, d'un regard appaisant mes douleurs,Ont arrosé des mains des trésors de ses pleurs ;
II méditait, le lâche , un complot si perfide !
II préparait ma mort, il adorait Atide!
Oubliez-moi , dit-il ; cœur farouche 8c fans foi ;
Mon cœur, malgré ton ordre, est encor plein de toi.Je ne t’oublîrai point; ma rivale adorée,
Par mes mourantes mains devant toi déchirée,
Fera voir que du moins je n'oublirai jamais ,
Infidelle Ramire, à quel point je t aimais.
S E r A M E.
Mais Atide en effet est-elle fa complice ?
Ne la traitez-vous pas avec trop d injustice?
Son cœur tranquille 8c simple, à vous plaire occupé.Vous fut toujours ouvert, & n a jamais trompé.
Elle a de vos soupçons souffert en paix fourrage,
Elle est prête à rester sur ce fatal rivage ;
Loin de Ramire même elle veut demeurer.
Z u L 1 M E.
Ah ! de Ramire ainsi se peut-on séparer !
Cependant il m échappe, 8c ma crainte redouble.
S E R A m E.
Ah ! que je crains, Madame, un plus funeste trouble !
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