Acte second.
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Ton nom seul parmi nous divise les familles ,
Les époux , les parens, les mères & les filles ;
Et la trêve pour toi n’est qu’un moyen nouveau,Pour venir dans nos cœurs enfoncer le couteau.
La discorde civile est par-tout íur ta trace ;Assemblage inouï de mensonge Sc d’audace ,
Tyran de ton pays, est-ce ainsi qu'en ce lieuTu viens donner la paix, 8c m’annoncer un dieu?
Mahomet.
Si j 1 avais à répondre à d’autres qu'à Zopire,
Je ne ferais parler que le dieu qui m’inspire ;
Le glaive 8c l’alcoran, dans mes sanglantes mains,Imposeraient silence au reste des humains.
Ma voix ferait fur eux les effets du tonnerre,
Et je verrais leurs fronts attachés à la terre ;
Mais je te parle en homme, 8c fans rien déguiser :Je me sens assez grand pour ne pas t’abuser.
Vois quel est Mahomet; nous sommes seuls, écoute:Je fuis ambitieux, tout homme l’est fans doute ;Mais jamais roi, pontife , ou chef, ou citoyen ,
Ne conçut un projet aufíì grand que le mien.Chaque peuple à son tour a brillé sur la terre ,Par les lois, par les arts, 8c surtout par la guerre:Le temps de l'Arabie est à la fin venu.
Ce peuple généreux, trop long temps inconnu,Laissait dans ses déserts ensevelir sa gloire ;
Voici les jours nouveaux marqués pour la victoire.Vois du Nord au Midi l’univers désolé,
La Perse encor sanglante , 8c son trône ébranlé,
L'Inde esclave 8c timide, 8c l'Egypte abaissée ,Des murs de Constantin la splendeur éclipsée ;
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