Acte second. j 65
Z O P I R E.
Eh quoi ! tout factieux, qui pense avec courage,Doit donner aux mortels un nouvel esclavage ?
II a droit de tromper, s’il trompe avec grandeur ?Mahomet.
Oui. je connais ton peuple, il a besoin d'erreur;
Ou véritable ou faux , mon culte est nécessaire.
Que t’ont produit tes dieux ? quel bien t’ont-ils pu faire ?Quels lauriers vois-tu croître au pied de leurs autels?Ta secte obscure Sc basse avilit les mortels,
Enerve le courage , 8c rend l’homme stupide ;
La mienne élève Famé & la rend intrépide.
Ma loi fait des héros.
Z o p i R E.
Dis plutôt des brigands.
Porte ailleurs tes leçons , l’école des tyrans ;
Va vanter l’imposture à Médine où tu règnes,
Où tes maîtres séduits marchent fous tes enseignes ,Où tu vois tes égaux à tes pieds abattus.
Mahomet.
Des égaux ! dès long-temps Mahomet n’en a plus.
Je fais trembler la Mecque, 8c je règne à Médine;Crois-moi, reçois la paix , si tu crains ta ruine.
Z o p i R E.
La paix est dans ta bouche , 8c ton coeur en est loin :Penses-tu me tromper ?
Mahomet.
Je n’en ai pas besoin.
C’est le faible qui trompe , 8c le puissant commande.Demain j’ordonnerai ce que je te demande,
Demain je puis te voir à mon joug asservi:Aujourd’hui Mahomet veut être ton ami.
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