M E R O P E.
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Vos ordres font suivis: déjà vos satellitesD’Elide 8c de Meffène occupent les limites.
Si Narbas reparaît, si jamais à leurs yeuxNarbas ramène Egisthe, ils périssent tous deux
POLYPHONTE.
Mais, me réponds-tu bien de leur aveugle zèle ?
E r o x.
Vous les avez guidés par une main fidèle:
Aucun d'eux ne connaît ce sang qui doit couler,
Ni le nom de ce roi qu'ils doivent immoler.
Narbas leur est dépeint comme un traître, un transfuge,Un criminel errant, qui demande un refuge ;
L’autre , comme un esclave, 8c comme un meurtrier,Qu’à la rigueur des lois il faut sacrifier.
POLYPHONTE.
Hé bien encor ce crime, il m’est trop nécessaire.
Mais en perdant le fils, j'ai besoin de la mère;
J’ai besoin d'un hymen utile à ma grandeur,
Qui détourne de moi le nom d’usurpateur,
Qui fixe enfin les vœux de ce peuple infidelle,
Qui m’apporte pour dot l'amour qu'o n a pour elle.Je lis au fond des cœurs; à peine ils font à moi:Echauffés par l’espoir, ou glacés par l’effroi,
L’intérêt me les donne, il les ravit de même.
Toi, dont le fort dépend de ma grandeur suprême .Appui de mes projets par tes foins dirigés,
Erox, va réunir les esprits partagés;
Que l'avare en secret te vende son suffrage rAssure au courtisan ma faveur en partage ;