sur la Tragédie.
Permettez que j’entre avec votre Eminence dansune discussion littéraire. Ouelques personnes, accou-tumées au style des épîtres dédicatoires, bétonnerontque je me borne ici à comparer les usages des Grecsavec les modernes , au lieu de comparer les grandshommes de Fantiquité avec ceux de votre maison ;mais je parle à un savant, à un sage , à celui dontles lumières doivent m’éclairer, 8c dont j’ai Fhonneurd’être le confrère dans la plus ancienne académiede l’Europe , dont les membres s’occupent souventde semblables recherches : je parle enfin à celui quiaime mieux me donner des instructions que de rece-voir des éloges.
PREMIERE P ARTIE.
Des tragédies grecques imitées par quelques opéraitaliens ò- français.
N célèbre auteur de votre nation dit que depuisles beaux jours d’Athènes , la tragédie errante 8cabandonnée cherche de contrée en contrée quelqu'unqui lui donne la main, 8c qui lui rende ses premiershonneurs, mais qu’elle n’a pu le trouver.
S’il entend qu’aucune nation n’a de théâtres , oùdes choeurs occupent presque toujours la scène , 8cchantent des strophes , des épodes 8c des antistrophesaccompagnées d une danse grave ; quaucune nationne fait paraître ses acteurs fur des espèces d’échasses,le visage couvert d’un masque qui exprime la douleurd’un côté 8c la joie de l'autre ; que la déclamation
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