SUR LA TRAGEDIE. 335
cette foule de traits sublimes qui étincellent de toutesparts dans nos modernes. Quel effet ne ferait pointfur eux ce vers :
Que vouliez-vousqu’ilfit contre trois ? Qu’il mourût.
Et cette réponse , peut-être encore plus belle Sc pluspassionnée , que fait Hermione à Orejle , lorfqu’aprèsavoir exigé de lui la mort de Pyrrhus quelle aime ,elle apprend malheureusement quelle est obéie , elles’écrie alors :
Pourquoi l’affassmerPqu’a-t-il fait ? à quel titre?Qui te l’a dit ?
O R E S T £.
O Dieux ! quoi ne m’avez vous pasVous-même, ici, tantôt, ordonné son trépas?
Hermione.
Ah! fallait-il en croire une amante insensée?
Je citerai encore ici ce que dit César, quand on lui pré-sente fume qui renferme les cendres de Pompée.
Restes d’un demi-díeu , dont à peine je puisEgaler le grand nom , tout vainqueur que j’en fuis.
Les Grecs ont d’autres beautés ; mais, je m’en rap-porte à vous, Monseigneur , ils n’en ont aucune dece caractère.
Je vais plus loin , Sc je dis que ces hommes, quiétaient si passionnés pour la liberté , Sc qui ont dit sisouvent qu’on ne peut penser avec hauteur que dansles républiques, apprendraient à parler dignementde la liberté même dans quelques-unes de nos