412 Sémiramis.
Vous ne répondez point. Un désespoir faroucheFixe vos yeux troublés, 8c vous ferme la bouche;
Vous pâlissez d’essroi, tout votre corps frémit.Qu’est-ce qui s’est passé? qu’est-ce qu’on vous a dit?
A r z A c E.
Fuyons vers Azéma.
M I T R A N E.
Quel étonnant langage !
Seigneur, est-ce bien vous? faites-vous cet outrageAux bontés de la reine, à ses feux, à son choix,
A ce cœur qui pour vous dédaigna tant de rois ?
Son espérance en vous est-elle confondue ?
A r z A c E.
Dieux ! c’est Sémiramis qui fe montre à ma vue îO tombe de Ninus ! ô séjour des enfers !
Cachez son crime 8c moi dans vos gouffres ouverts.
SCENE IV.
SEMIRAMIS, ARZACE,OTANE.Sémiramis.
O N n'attend plus que vous ; venez, maître du monde ;Son fort, comme le mien, fur mon hymen fe fonde.
Je vois avec transport ce ligne révéré,
Qu’a mis sur votre front un pontife inspiré ;
Ce sacré diadème, assuré témoignage,
Que l’enfer 8c le ciel confirment mon suffrage.
Tout le parti d’Assur, frappé d’un saint respect,Tombe à la voix des dieux, 8c tremble à mon aspect;