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Tome dixieme.
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10 PREFACE

la vraie grandeur, mais bien dans ces sentimensque l’auteur exprime avec tant de noblesse.

Amitié , don du ciel, plaisir des grandes âmes ,

Amitié que les rois , ces illustres ingrats ,

Sont aster malheureux pour ne connaître pas.

Le caractère de Philippe de Mornay peut auíïìêtre compté parmi les chefs-d’œuvre de laHenriade ; ce caractère ess tout nouveau. Unphilosophe guerrier , un soldat humain , un' courtisan vrai 8c sans flatterie ; un assemblagecle vertus aussi rare doit mériter nos suffrages ;aussi l’auteur y a-t-il puisé comme dans uneriche source de sentimens. Oue j’aime à voirPhilippe de Mornay , ce fidelle 8c stoïque ami, àcôté de son jeune 8c vaillant maître , repousserpar-tout la mort, 8c ne la donner jamais ! Cettesagesse philosophique est bien éloignée des mœursde notre siècle ; 8c il est à déplorer, pour le biende l’humanité , qu’un caractère aussi beau quecelui de ce sage ne soit qu’un être de raison.

D’ailleurs la Henriade né respire que l’hu-manité : cette vertu si nécessaire aux princes,ou plutôt leur unique vertu , est relevée parM. de Voltaire ; il montre un roi victorieux quipardonne aux vaincus ; il conduit ce héros auxmurs de Paris , où , au lieu de saccager cetteville rebelle , il fournit les alimens nécessairesà la vie de ses habitans désolés par la famine