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Tome dixieme.
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DU ROI DE PRUSSE. 15sc communique insensiblement de ceux quicultivent les arts 8c les sciences au public 8c auvulgaire ; elle passe de la cour à la ville, 8c dela ville à la province ; on voit alors avec évi-dence que la nature ne nous forma point assu-rément pour que nous nous exterminions dansce monde, mais pour que nous nous assistionsdans nos communs besoins ; que le malheur,les infirmités 8c la mort nous poursuivent sanscesse , 8c que c’est une démence extrême de mul-tiplier les causes de nos misères 8c de notredestruction. On reconnaît , indépendammentde la différence des conditions, légalité que lanature a mis entre nous, la nécessité qu’il y ade vivre unis 8c en paix, de quelque nation 8cde quelque opinion que nous soyons ; quel’amitié 8c la compassion font des devoirs uni-versels : en un mot, la réflexion corrige en noustous les défauts du tempérament.

Tel est le véritable usage des sciences , 8cvoilà par conséquent la règle de 1 obligation quenous devons avoir à ceux qui les cultivent 8cqui tâchent d’en fixer l’usage parmi nous. M. deVoltaire , qui embrasse toutes ces sciences, m’atoujours paru mériter une part à la gratitudedu public , 8c damant plus qu’il ne vit 8c netravaille que pour le bien de l’humanité. Cetteréflexion, jointe à l’envie que j’ai eu toute ma viede rendre hommage à la vérité , m’a déterminé