Chant premier. 55
L’impétueux Borée , enchaîné dans les airs,
Au souffle du Zéphyre abandonnait les mers.
O N lève l’ancre, on part, on fuit loin de la terre ; (f)On découvrait déjà les bords de l’Angleterre :
L’astre brillant du jour à l’instant s’obscurcit ;
L’air siffle , le ciel gronde , 8c Tonde au loin mugit :
Les vents font déchaînés fur les vagues émues ;
La foudre étincelante éclate dans les nues;
Et le feu des éclairs, 8c T ab y me des flots,
Montraient par-tout la mort aux pâles matelots.
Le héros qu’affiégeait une mer en furieNe songe en ce danger qu’aux maux de fa patrie,Tourne ses yeux vers elle, 8c dans ses grands desseins,Semble accuser les vents d’arrêter ses destins.
Tel, Sc moins généreux , aux rivages d’Epire ,
Lorsque de T univers il disputait T empire ,
Confiant sur les flots aux Aquilons mutinsLe destin de la terre 8c celui des Romains,
Défiant à la fois 8c Pompée Sc Neptune,
César (io) à la tempête opposait sa fortune.
Dans ce même moment, le Dieu de l’univers,
Oui vole fur les vents, qui soulève les mers,
Ce Dieu dont la sagesse ineffable 8c profondeForme, élève 8c détruit les empires du monde,
De son trône enflammé qui luit au haut des cieux,
Sur le héros français daigna baisser les yeux.
II le guidait lui-même. II ordonne aux oragesDe porter le vaisseau vers ces prochains rivages,
Où Jersey semble aux yeux sortir du sein des flots ;
Là, conduit par le ciel, aborda le héros.
D 4