Band 
Tome dixieme.
Seite
93
JPEG-Download
 

93

Chant q_uatrieme.

Vont dans les champs de Pair enlever les oiseaux,Dans le bois, fur les prés déchirent les troupeaux,

Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantesRemportent à grands cris ces dépouilles vivantes.

D ej A plein d’espérance 8c de gloire enivré,

Aux tentes de Valois il avait pétjétré.

La nuit 8c la surprise augmentaient les alarmes :

Tout pliait, tout tremblait, tout cédait à ses armes.

Cet orageux torrent, prompt à se déborder,

Dans son choc ténébreux allait tout inonder.

L’étoile du matin commençait à paraître ;

Mornay qui précédait le retour de son maîtreVoyait déjà les tours du superbe Paris.

D’un bruit mêlé d'horreur il est soudain surpris ;

II court, il aperçoit dans un désordre extrêmeLes soldats de Valois 8c ceux de Bourbon même :m Juste Ciel, est-ce ainsi que vous nous attendiez?

,, Henri va vous défendre, il vient 8c vous fuyez !

,, Vous fuyez, compagnons ! ,» Au son de sa parole,Comme on vit autrefois au pied du CapituleLe fondateur de Rome , opprimé des Sabins,

Au nom de Jupiter arrêter ses Romains,

Au seul nom de Henri les Français se rallient cLa honte les enflamme , ils marchent, ils s’écrient :Qu’il vienne ce héros, nous vaincrons fous ses yeux.

Henri dans le moment paraît au milieu d’eux,Brillant comme l’éclair au fort de la tempête.

II vole aux premiers rangs, il s’avance à leur tête ;

II combat, on le fuit, il change les destins ;

La foudre est dans ses yeux, la mort est dans ses mains.