Chant quatrième. 103
C’était vous, Prêtres saints , qui conduisiez leurs bras ;Coligny par vous seuls a reçu le trépas.
J’ai nagé dans le sang ; que le sang coule encore.Montrez-vous, inspirez ce peuple qui m’adore.
Le monstre au même instant donne à tous le signal;Tous sont empoisonnés de son venin fatal ;
II conduit dans Paris leur marche solemnelle ;L’étendard (9) de la croix flottait au milieu d’elle.
Ils chantent, 8e leurs cris dévots 8e furieuxSemblent à leur révolte associer les cieux.
On les entend mêler, dans leurs vœux fanatiques,
Les imprécations aux prières publiques.
Prêtres audacieux , imbécilles soldats ,
Du sabre 8e de l’épée ils ont chargé leurs bras ;
Une lourde cuirasse a couvert leur cilice.
Dans les murs de Paris cette infâme miliceSuit, au milieu des flots d’un peuple impétueux,
Le Dieu, ce Dieu de paix qu’on porte devant eux.
Mayenne, qui de loin voit leur folle entreprise,La méprise en secret, 8c tout haut l'autorise;
II sait combien le peuple avec soumissionConfond le fanatisme 8c la religion ;
II connaît ce grand art, aux princes nécessaire,
De nourrir la faiblesse 8c Terreur du vulgaire.
A ce pieux scandale enfin il applaudit ;
Le sage s’en indigne 8c le soldat en rit :
Mais le peuple excité, jusques aux cieux envoiéDes cris d’emportement, d’espérance Sc de joie ;
Et comme à son audace a succédé la peur,
La crainte en un moment fait place à la fureur.
G 4