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Tome dixieme.
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114 LA Henriade.

Dans la main de Clément il met ce don fatal ;

II fuit 8c se replonge au séjour infernal.

Trop aisément trompé , le jeune solitaireDes intérêts des cieux se crut dépositaire.

II baise avec respect ce funeste présent,

II implore à genoux le bras du Tout-puistant ;

Et plein du monstre affreux dont la fureur le guide,D’un air sanctifié s’apprête au parricide.

Combien le cœur de Thomme est soumis à Terreur 1Clément goûtait alors un paisible bonheur :

II était animé de cette confiance

Qui dans le cœur des saints affermit l’innocence ;

Sa tranquille fureur marche les yeux baillés;

Ses (5) sacrilèges vœux au ciel font adreffés ;

Son front de la vertu porte Tempreinte austère,

Et son fer parricide est caché sous fa h aire.

II marche ; ses amis instruits de son dessein,

Et de fleurs fous ses pas parfumant son chemin,Remplis d'un saint respect, aux portes le conduisent,Bénissent son dessein, l’encouragent, l’instruisent,Placent déjà son nom parmi les noms sacrés,

Dans les fastes de Rome à jamais révérés,

Le nomment à grands cris le vengeur de la France,

Et l’encens à la main, T invoquent par avance.

C’est avec moins d’ardeur, avec moins de transport,Oue les premiers chrétiens, avides de la mort,Intrépides soutiens de la foi de leurs pères,

Au martyre autrefois accompagnaient leurs frères,Enviaient les douceurs de leur heureux trépas,

Et baisaient en pleurant les traces de leurs pas.