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Tome dixieme.
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124 LA HeNRIADE.

Qu’injustement élu, c’était beaucoup de l'être ;

Et qu’enfin, quel qu’il soit, le Français veut un maître.

Bientôt à ce conseil accourent à grand bruitTous ces chefs obstinés qu’un fol orgueil conduit,

Les Lorrains, les Nemours , des prêtres en furie ,

L’ambassadeur de Rome 8c celui d’Ibérie.

Ils marchent vers le louvre, où par un nouveau choixIls allaient insulter aux manès de nos rois.

Le luxe, toujours né des misères publiques,

Prépare avec éclat ces états tyranniques.

Là ne parurent point ces princes , ces seigneurs ,

De nos antiques pairs augustes successeurs,

Qui près des rois astis, nés juges de la France,

Du pouvoir qu’ils n’ont plus ont encor l'apparence.

Là de nos parlemens les sages députésNe défendirent point nos faibles libertés ;

On n’y vit point des lis l’appareil ordinaire ;

Le louvre est étonné de fa pompe étrangère.

Là le légat de Rome est d’un siège honoré ;

Près de lui pour Mayenne un dais est préparé.

Sous ce dais on lisait ces mots épouvantables :

" Rois qui jugez la terre, Sc dont les mains coupables" Osent tout entreprendre 8c ne rien épargner,s» Que la mort de Valois vous apprenne à régner. „

On s’assemble , 8c déjà les partis, les cabales ,

Font retentir ces lieux de leurs voix infernales.

Le bandeau de l’erreur aveugle tous les yeux.

L’un, des faveurs de Rome esclave ambitieux,

S’adresse au légat seul, 8c devant lui déclareQu’il est temps que les lis rampent fous la tiare ;