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Tome dixieme.
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1 Z0 LA HENRIADE.

De leurs cruels enfans l'essort industrieuxA dérobé le feu qui brûle dans les cieux.

On entendait gronder ces (4) bombes effroyables,

Des troubles de la Flandre enfans abominables.

Dans ces globes d'airain le salpêtre enflammé (b)

Vole avec la prison qui le tient renfermé :

II la brise, Sc la mort en sort avec furie.

Avec plus d’art encore Sc plus de barbarie,

Dans des antres profonds on a su renfermerDes foudres souterrains, tout prêts à s’allumer.

Sous un chemin trompeur, où volant au carnage,

Le soldat valeureux se fie à son courage,

On voit en un instant des abymes ouverts,

De noirs torrens de soufre épandus dans les airs,

Des bataillons entiers par ce nouveau tonnerreEmportés , déchirés , engloutis fous la terre.

Ce sont-là les dangers où Bourbon va s’offrir,

C’est par-là qu’à son trône il brûle de courir.

Ses guerriers avec lui dédaignent ces tempêtes ;

L’enfer est sous leurs pas, la foudre est fur leurs têtes :Mais la gloire à leurs yeux vole à côté du roi ;

Ils ne regardent qu'elle Sc marchent fans effroi.

Mornay, parmi les flots de ce torrent rapide,

8'avance d’un pas grave Sc non moins intrépide ;Incapable à la fois de crainte Sc de fureur,

Sourd au bruit des canons, calme au sein de l’horreur,D’un œil ferme Sc stoïque, il regarde la guerre (c)Comme un fléau du ciel, affreux, mais nécessaire.

II marche en philosophe où l’honneur le conduit,Condamne les combats, plaint son maître Sc le fuit.