i39
Chant septieme.
Luit cet astre du jour, par Dieu même allumé,
Oui tourne autour de soi sur son axe enflammé.
De lui partent sans fin des torrens de lumière ;
11 donne en se montrant la vie à la matière,
Et dispense les jours, les saisons 8e les ans,
A des mondes divers, autour de lui flottans.
Ces astres asservis à la loi qui les presseS’attirent dans leur course (i) 8e s’évitent fans cesse,Et servant l’un à l'autre S: de règle 8e d’appui,
Se prêtent les clartés qu’ils reçoivent de lui.
Au-delà de leurs cours 8e loin dans cet espace,
Où la matière nage 8e que Dieu seul embrasse,
Sont des soleils fans nombre 8e des mondes fans fin.Dans cet abyme immense il leur ouvre un chemin.Par delà tous ces cieux le Dieu des cieux réside.
C’es r là que le héros fuit son céleste guide,C’est là que sont formés tous ces esprits divers,
Qui remplissent les corps 8: peuplent l’univers :
Là font après la mort nos âmes replongées,
De leur prison grossière à jamais dégagées.
Un juge incorruptible y rassemble à ses piedsCes immortels esprits que son souffle a créés.
C’est cet Etre infini qu on sert 8: qu’on ignore sSous des noms dissérens le monde entier l’adore :Du haut de l’empirée il entend nos clameurs :
Î1 regarde en pitié ce long amas d’erreurs,
Ces portraits insensés que l’humaine ignoranceFait avec piété de fa sagesse immense.
La Mort auprès de lui, fille affreuse du Temps,De ce triste univers conduit les habitans.