Chant huitième. 165
Henri de l’amitié sentit les nobles flammes :
Amitié , don du ciel, plaisir des grandes âmes,
Amitié que les rois, ces illustres ingrats,
Sont assez malheureux pour ne connaître pas îII court le secourir; ce beau feu qui le guideRend son bras plus puissant 8c son vol plus rapide.
Biron, (18) qu’environnaient les ombres de la mort,A l’aspect de son roi fait un dernier effort ;
II rappelle à sa voix les restes de fa vie ;
Sous les coups de Bourbon tout s’écarte, tout plie ;Ton roi, jeune Biron, t’arrache à ces soldats,
Dont les coups redoublés achevaient ton trépas.
Tu vis ; songe du moins à lui rester fidelle.
Un bruit affreux s’entend. La Discorde cruelle,
Aux vertus du héros opposant ses fureurs,
D’une rage nouvelle embrase les ligueurs.
Elle vole à leur tête, 8 c fa bouche fataleFait retentir au loin fa trompette infernale.
Par ces sons trop connus d’Aumale est excité ;
Aussi prompt que le trait dans les airs emporté,
11 cherchait le héros, fur lui seul il s’élance ;
Des ligueurs en tumulte une foule s’avance.
Tels au fond des forêts précipitant leurs pas,
Ces animaux hardis, nourris pour les combats,
Fiers esclaves de fhomme 8c nés pour le carnage,Pressent un sanglier, en raniment la rage,
Ignorant le danger, aveugles , furieux,
Le cor excite au loin leur instinct belliqueux ;
Les antres, les rochers , les monts en retentissent :
Ainsi contre Bourbon mille ennemis s’unissent;
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