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Tome dixieme.
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180
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180 la Henriade.

Elle avait à combattre, en ce funeste jour,

Sa jeunesse, son cœur, un héros 8c l’Amour.

Quelque temps de Henri la valeur immortelle,Vers ses drapeaux vainqueurs en secret le rappelle :

Une invisible main le retient malgré lui.

Dans fa vertu première il cherche un vain appui.

Sa vertu l'abandonne, 8c son ame enivrée

N’aime, ne voit, n’entend, ne connaît que d’Estrée. (§)

Loin de lui cependant tous ses chefs étonnésSe demandent leur prince, Sc restent consternés.

Us tremblaient pour ses jours : aucun d'eux n’eût pu croireQu’on eût dans ce moment dû craindre pour fa gloire :On le cherchait en vain ; ses soldats abattus,

Ne marchant plus fous lui, semblaient déjà vaincus.

Mais le Génie heureux qui préside à la France,

Ne souffrit pas long-temps fa dangereuse absence ;

11 descendit des cieux à la voix de Louis,

Et vint d’un vol rapide au secours de son fils.

0 _u a n D il fut descendu vers ce triste hémisphère,Pour y trouver un sage , il regarda la terre ;

11 ne le chercha point dans ces lieux révérés,

A l’étude, au silence, au jeûne consacrés :

II alla dans Ivry. Là, parmi la licence,

Où du soldat vainqueur s’emporte l’insolence,

L’ange heureux des Français fixa son vol divinAu milieu des drapeaux des enfans de Calvin.

11 s’adreffe à Mornay ; c’était pour nous instruire,

Que souvent la raison suffit à nous conduire,