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du Chant huitième. 269
tisans , dont l’avîdité est insatiable , & qui trouvaient en lui une rigueur-conforme à l’humeur économe de Henri IV. Ils rappelaient le Négatif ,8c l’on disait que le mot de oui n’était jamais dans là bouche. Aveccette vertu sévère il ne plut jamais qu'à son maître, 8c le moment de lamort de Henri IV fut celui de fa disgrâce. Le roi Louis XIII le fit revenirà la cour quelques années après pour lui demander ses avis. II y vint,quoiqu’avec répugnance. Les jeunes courtisans qui gouvernaient Louis XIIIvoulurent, selon l’usage , donner des ridicules à îe vieux ministre , quireparaissait dans une jeune cour avec des habits Sc des airs de mode passésdepuis long temps. Le duc de Sully , qui s’en aperçut, dit au roi : Sire ,quand le roi voire père , de glorieuse mémoire , me Je fait Ihonneur de meionsulier , nous ne commençions à parler iPaffaire qu'au préalable on n 1 eûtfait passer dans Vantichambre les baladins dr les bouffons de la cour .
Iî composa dans la solitude de Sully des mémoires , dans lesquels règneun air d’honnéte homme , avec un style naïf, mais trop diffus.
On y trouve quelques vers de fa façon , qui ne valent pas plus quefa prose. Voici ceux qu’il composa en se retirant de la cour, sous larégence de Marie de Médicis.
Adieu maisons, châteaux , armes, canons du roi,Adieu conseils , trésors déposés á ma foi ,
Adieu munitions, adieu grands équipages,
Adieu tant de rachats , adieu tant de ménages ,Adieu faveurs , grandeurs , adieu le temps qui court,Adieu les amitiés 8c les amis de cour &:c.
II ne voulut jamais clianger de religion ; cependant il fut des premiersL conseiller à Henri IV d’aller à la messe. Le cardinal du Perron l’exhortantun jour à quitter le calvinisme , il lui répondit : Je me ferai catholiquequand vous aurez supprimé Pévangile ; car il eftf contraire à IEglise romaineque je ne peux pas croire que P un dr Poutre aient été inspirés par le mimeesprit .
Le pape lui écrivit un jour une lettre remplie de louanges fur la sagessede son ministère ; le pape finissait sa lettre comme un bon pasteur , parprier Dieu qu'il ramenât sa brebis égarée, 8c conjurait le duc de Sullyde se servir de ses lumières pour entrer dans la bonne voie. Le duc luirépondit fur le même ton ; il rassura qu’il priait Dieu tous les jours pourla conversion de fa sainteté. Cette lettre est dans ses mémoires.
Ce sont les écrivains qui font la réputation des ministres. Pour les