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Tome dixieme.
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3 48 HOMERE.

habits de leur père, lorsqu’il était maître de lamoitié de l’univers. Cela n’empêchera pas qu’unesimplicité si respectable ne vaille bien la vaine pompe,la mollesse 8c ! oisiveté dans lesquelles les personnesd'un haut rang font nourries.

Oue si l’cn reproche à Homère d’avoir tant louéla force de ses héros , c’est qu’avant l’invention dela poudre, la force du corps décidait de tout dansles batailles ; c’est que cette force est l’origine detout pouvoir chez les hommes ; c’est que par cettesupériorité seule les nations du Nord ont conquisnotre hémisphère depuis la Chine jufqu’au montAtlas. Les anciens fe lésaient une gloire d’êtrerobustes : leurs plaisirs étaient des exercices violens :ils ne passaient point leurs jours à fe faire traîner dansdes chars , à couvert des influences de f air , pouraller porter languissamment d une maison dans uneautre leur ennui 8c leur inutilité. En un mot Homèreavait à représenter un Ajax 8c un Hector , non uncourtiían de Versailles ou de Saint-James.

Après avoir rendu justice au fond du sujet despoèmes d 'Homère . ce serait ici le lieu d’examiner lamanière dont il les a traités , 8c d’oser juger du prixde ses ouvrages: mais tant de plumes savantes ontépuisé cette matière que je me bornerai à une seuleréflexion , dont ceux qui Rappliquent aux belles-lettres pourront peut-être tirer quelque utilité.

Si Homère a eu des temples , il s’est trouvé biendes infidelles qui fe font moqués de fa divinité. II ya eu dans tous les siècles des savans des raisonneursqui l’ont traité d’écrivain pitoyable , tandis qued’autres étaient à genoux devant lui.