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Tome dixieme.
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Virgile.

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endroits de Virgile , qui choquent au premier coupd’œil, on serait moins prompt à le condamner.

N’est-il pas vrai que nous permettrions à unauteur français, qui prendrait Clovis pour son héros,de parler de la sainte ampoule, qu’un pigeon apportadu ciel dans la ville deRheims pour oindre le roi,Sc qui se conserve encore avec foi dans cette ville?Un anglais qui chanterait le roi Arthur n’aurait-ilpas la liberté de parler de l’enchanteur Merlin ? Telest le fort de toutes ces anciennes fables , où se perdl’origine de chaque peuple , qu’on respecte leur anti-quité en riant de leur absurdité. Après tout, quel-qu’excusable qu’on soit de mettre en œuvre depareils contes , je pense qu’il vaudrait encore mieux,les rejeter entièrement : un seul lecteur sensé, queces faits rebutent, mérite plus d’être ménagé qu’unvulgaire ignorant qui les croit.

A l’égard de la construction de la fable, Virgileest blâmé par quelques critiques 8c loué par d’autres,de s’être asservi à imiter Homère. Pour moi, si j osehasarder mon sentiment, je pense qu’il ne mérite nices reproches ni ces louanges. 11 ne pouvait éviter demettre fur la scène les dieux d 'Homère , qui étaientaussi les siens, 8c qui, selon la tradition, avaienteux-mêmes guidé Enée en Italie. Mais assurémentil les fait agir avec plus de jugement que le poètegrec. II parle comme lui du siège de Troye ; maisj ose dire qu’il y a plus d’art 8c des beautés plustouchantes dans la description que sait Virgile de laprise de cette ville, que dans toute riliaded’/somére.On nous crie que l’épisode de Didon est d’aprèscelui de Circé 8c de Calypso; qu 'Enée ne descend aux