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Tome dixieme.
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LE TRISSIN.

CHAPITRE V.

LE r RIS SI N.

^\.près que l’empire romain eut été détruit parles barbares, plusieurs langues se formèrent des débrisdu latin , comme plusieurs royaumes s’élevèrent furles ruines de Rome. Les conquérans portèrent danstout l’Occident leur barbarie 8c leur ignorance. Tousles arts périrent ; 8c lorfqu’après huit cents ans ilscommencèrent à renaître, ils renaquirent Goths 8cVandales. Ce qui nous reste malheureusement del’architecture 8c de la sculpture de ces temps-là estun composé bizarre de grossièreté 8c de colifichets.Le peu qu’on écrivait était dans le même goût. Lesmoines conservèrent la langue latine pour la cor-rompre ; les Francs , les Vandales , les Lombardsmêlèrent à ce latin corrompu leur jargon irrégulier8c stérile. Enfin la langue italienne, comme la filleaînée de la latine , se polit la première, ensuitel’espagnole, puis la française 8c sanglasse se perfec-tionnèrent.

La poésie fut le premier art qui fut cultivé avecsuccès. Dante 8c Pétrarque écrivirent dans un tempsoù l’on n’avait pas encore un ouvrage de prose' supportable ; chose étrange que presque toutes lesnations du monde aient eu des poètes avant qued’avoir aucune autre forte d’écrivains. Homère fleuritchez les Grecs plus d’un siècle avant qu’il parût unhistorien. Les cantiques de Moise font le plus ancien

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