le Camoukns. 37 5
,, trident : voici des travaux qui surpassent tous les», vôtres.
,, Et vous, Nymphes du Tage , si jamais vous,, m’avez inspiré des sons doux 8c touchans , si j’ai,, chanté les rives de votre aimable fleuve; donnez-moi,, aujourd’hui des accens fiers 8c hardis ; qu’ils aient la,, force 8c la clarté de votre cours ; qu’ils soient purs,, comme vos ondes, 8c que déformais le Dieu des vers,, préfère vos eaux à celles de la fontaine sacrée. »j
Le poète conduit la flotte portugaise à l’embouchuredu Gange ; il décrit en passant les côtes occidentales ,le midi 8c l’orient de l’Afrique, 8c les différens peuplesqui vivent fur cette côte ; il entre-mêle avec art l’hiítoiredu Portugal. On volt dans le troisième chant la mortde la célébré Inès de Castro , épouse du roi dom Pedro ,dont l’aventure déguisée a été jouée depuis peu fur lethéâtre de Paris. C’est à mon gré le plus beau morceaudu Camouens; il y a peu d’endroits dans Virgile plusattendrissans 8c mieux écrits. La simplicité du poèmeest rehaussée par des fictions aussi neuves que le sujet.En voici une qui, je l’ose dire , doit réussir dans tousles temps 8c chez toutes les nations.
Lorsque la flotte est prête à doubler le Cap deBonne-Espérance, appelé alors le promontoire destempêtes , on aperçoit tout à coup un formidableobjet. C’est un fantôme qui s’élève du fond de la mer ;fa tête touche aux nues ; les tempêtes , les vents , lestonnerres font autour de lui ; ses bras s’étendent auloin fur la surface des eaux : ce monstre, ou ce dieu ,est le gardien de cet Océan dont aucun vaisseau n’avaitencore fendu les flots ; il menace la flotte , il se plaintde l’audace des Portugais qui viennent lui disputer
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