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Tome dixieme.
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392 le Tasse.

A ces forfaits nouveaux tous les peuples frémissent ;

A ce fier attentat tous les prêtres gémissent.

Marseille seulement, qui le voit de ses tours,

Du crime des Latins fait son plus grand secours.

Elle croit que les Dieux, d'un éclat de tonnerre,

Vont foudroyer César 8c terminer la guerre.

J’avoue que toute la Pharsale n’est pas comparableà la Jérusalem délivrée ; mais au moins cet endroitfait voir combien la vraie grandeur d’un héros réel estau-dessus de celle d’un héros imaginaire, 8c combienles pensées fortes 8c solides surpassent ces inventions ,qu’on appelle des beautés poétiques, 8c que les per-sonnes de bon sens regardent comme des contes insi-pides , propres à amuser les enfans.

Le Tajfe semble avoir reconnu lui-même sa faute,Sc il n’a pu s’empêcher de sentir que ces contes ridi-cules 8c bizarres, si fort à la mode alors, non-feulementen Italie mais encore dans toute l’Europe , étaientabsolument incompatibles avec la gravité de la poésieépique. Pour fe justifier, il publia une préface , danslaquelle il avança que tout son poème était allégorique.L’armée des princes chrétiens, dit-il , représente lecorps 8c l’ame. Jérusalem est la figure du vrai bonheur,qu’on acquiert par le travail 8c avec beaucoup de diffi-culté. Godcsroi est l’ame, T ancre de , Renaud Scc. enfont les facultés. Le commun des soldats font lesmembres du corps. Les diables font à la fois figures8c figurés ,Jigura e jìgurato. Armide Sc IJmeno font lestentations qui assiègent nos âmes ; les charmes, lesillusions de la forêt enchantée représentent les fauxraisonnemens,y<z//i fillogijmi, dans lesquels nos passionsnous entraînent.