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Tome dixieme.
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402 M I L T O N.

Ce sujet, digne du génie absurde du théâtre de cetemps-là, était écrit d’une manière qui répondait audessein.

La scène s’ouvre par un chœur d’anges, 8 c Michelparle ainsi au nom de ses confrères :Que l’arc-en-ciel,, soit l'archet du violon du firmament ; que les íept,, planètes soient les sept notes de notre musique ; que,, le temps batte exactement la mesure ; que les vents,, j ouent de l orgne; 8cc. ,, Toute la pièce est dans cegoût. J’avertis seulement les Français , qui en riront,que notre théâtre ne valait guère mieux alors ; quela Mort de S 1 Jean-Baptiste Sc cent autres pièces fontécrites dans ce style ; mais que nous n avions niPajlor-jido ni Aminte.

Milion, qui assista à cette représentation, découvrità travers l’absurdité de l’ouvrage la sublimité cachéedu sujet. 11 y a souvent dans des choses où tout paraîtridicule au vulgaire un coin de grandeur qui ne sefait apercevoir qu’aux hommes de génie. Les Jept péchésmortels danjant avec le diable font assurément le comblede l'extravagance 8c de la sottise ; mais l'univers rendumalheureux par lafaiblejfe d'un homme , les bontés ò lesvengeances du créateur , la source de nos malheurs ù de noscrimes , font des objets dignes du pinceau le plus hardi.II y a surtout dans ce sujet, je ne sais quelle horreurténébreuse , un sublime sombre 8c triste qui ne con-vient pas mal à Fimagination anglaise. Milton conçutle dessein de faire une tragédie de la farce d 'Andreino :il en composa même un acte 8c demi. Ce fait m’a étéassuré par des gens de lettres, qui le tenaient de safille,laquelle est morte lorsque j’étais à Londres.

La tragédie de Milton commençait par ce monologue