M I L T O N. 4°9
beaucoup de chérubins dans ta révolte ; fêtais grojfe quandta bataille Je donna dans le ciel ; nous James précipitésenjemble. J'accouchai dans l'enjer , <b ce Jut ce monjìre quetu vois dont je Jus père; il ejl ton Jils ò le mien. A peineJut-il né qu il viola Ja mère ò qu il me Jil tous ces enfansque tu vois , qui Jortent à tous momens de mes entrailles ,qui y rentrent <b qui les déchirent.
Après cette dégoûtante 8c abominable histoire, lePéché ouvre à. Satan les portes de l’enfer ; il laisse lesDiables fur le bord du Phlégéton, du Styx 8c du Léthé:les uns jouent de la harpe, les autres courent la bague;quelques-uns disputent sur la grâce 8c sur la prédesti-nation. Cependant Satan voyage dans les espacesimaginaires : il tombe dans le vide, 8c il tomberaitencore íi une nuée ne l’avait repoussé en haut. IIarrive dans le pays du chaos ; il traverse le paradisdes fous , the paradije ojpools , ( c’est l’un des endroitsqui ne font point traduits en français. ) 11 trouve dansce paradis les indulgences, les Agnus Dei, les chapelets,les capuchons 8c les scapulaires des moines.
Voilà des imaginations dont tout lecteur sensé aété révolté ; 8c il faut que le poème soit bien beaud’ailleurs pour qu’on ait pu le lire, malgré l’ennuique doit causer cet amas de folies désagréables.
La guerre entre les bons 8c les mauvais anges aparu aussi aux connaisseurs un épisode où le sublimeest trop noyé dans l’extravagant. Le merveilleuxmême doit être sage ; il faut qu’il conserve un airde vraisemblance 8c qu’il soit traité avec goût. Lescritiques les plus judicieux n’ont trouvé dans cetendroit ni goût, ni vraisemblance, ni raison. 11s ontregardé comme une grande faute contre le goût, la