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Tome dixieme.
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M I L T O N. 415

France, sont les pièces de théâtre. Ces pièces doiventêtre écrites dans un style naturel, qui approche assezde celui de la conversation. Defpréaux n’a jamaistraité que des sujets didactiques, qui demandent dela simplicité. On fait que l’exactitude Sc l’élégancefont le mérite de ses vers , comme de ceux de Racine ;Sc lorsque Defpréaux a voulu s’élever dans une ode ,il n’a plus été Defpréaux.

Ces exemples ont en partie accoutumé la poésiefrançaise à une marche trop uniforme ; l’esprit géomé-trique, qui de nos jours s’est emparé des belles-lettres ,a encore été un nouveau frein pour la poésie. Notrenation , regardée comme si légère par des étrangersqui ne jugent de nous que par nos petits-maîtres ,est de toutes les nations la plus sage, la plume à lamain. La méthode est la qualité dominante de nosécrivains. On cherche le vrai en tout , on préfèrel’histoire au roman ; les Cjrîis , les Clélies Sc les Aflréesne font aujourd'hui lus de personne. Si quelquesromans nouveaux paraissent encore, Sc s’ils font pourun temps l’amusement de la jeunesse frivole, les vraisgens de lettres les méprisent. Insensiblement il s’estformé un goût général, qui donne assez l’exclusionaux imaginations de F épopée ; on se moquerait éga-lement d’un auteur qui emploierait les Dieux dupaganisme Sc de celui qui se servirait de nos saints:Vénus Sc Junon doivent rester dans les anciens poèmesgrecs Sc latins : S te Geneviève , S 1 Denis , St Rock ScS* Christophe ne doivent se trouver ailleurs que dansnotre légende. Les cornes Sc les queues des diables nefont tout au plus que des sujets de raillerie ; on nedaigne pas même en plaisanter.