CHANT PREMIER.
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Vaincre et régner, ce n’est rien que folie.Mon parlement (k) me bannit aujourd’hui ;Au fier Anglais la France est asservie.
Ah ! qu'il soit roi, mais qu’il me porte envie :J’ai votre cœur, je fuis plus roi que lui.
Un tel discours n’est pas trop héroïque;Mais un héros, quand il tient dans un litMaîtresse honnête, et que l’amour le pique,Peut s'oublier, et ne fait ce qu’il dit.
Comme il menait cette joyeuse vie,
Tel qu’un abbé dans fa grasse abbaye,
Le prince anglais (/) toujours plein de furie,Toujours aux champs, toujours armé, botté,Le pot en tête et la dague au côté,
Lance en arrêt, la visière haussée,
Foulait aux pieds la France terrassée.
II marche, il vole, il renverse en son coursLes murs épais, les menaçantes tours,Répand le sang, prend l’argent, taxe, pille,Livre aux soldats et la mère et la fille,
Fait violer des couvens de nonnains,
Boit le muscat des pères bernardins,
Frappe en écus l’or qui couvre les saints,
Et, fans respect pour Jésus ni Marie,
De mainte église il fait mainte écurie :
Ainsi qu’on voit dans une bergerieDes loups sanglans de carnage altérés,
Et fous leurs dents les troupeaux déchirés,Tandis qu’au loin, couché dans la prairie,Colin s’endort fur le sein d’Egérie,