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Tome onzieme.
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L A PU CELLE.

Les premiers fruits dune union naissante,

Se promettant que du lit aux combats ,

En vrai héros il ne ferait qu'un pas.

Six régimens devaient suivre à la file.

Lordre est donné. (Tétait fait de la ville.

Mais ses guerriers de la veille engourdis,Pétrifiés dun sermon de Lourdis,

Bâillaient encore et fe mouvaient à peine.

L 1 un contre lautre ils dormaient dans la plaine.O grand miracle ! ô pouvoir de Denis !

Jeanne et Dunois, et la brillante éliteDes chevaliers qui marchaient à leur fuite,Bordaient déjà , fous Jes murs dOrléans,

Les longs fossés du camp des assiégeans.

Sur un cheval venu de Barbarie,

Le seul que Charle eût dans son écurie,

Jeanne avançait, en tenant dune mainDe Débora lestramaçon divin ;

A son côté pendait la noble épéeQui dHolopherne a la tête coupée.

Notre Pucelle, avec dévotion,

Fit à Denis tout bas cette oraison :

,, Toi qui daignas à ma faiblesse obscure ,

»> Dans Domremi, confier cette armure,

,, Sois le soutien de ma fragilité ,

-, Pardonne-moi, fi quelque vanité-, Flatta mes sens quand ton âne infidelle-, Sémancipa jusquà me trouver belle.

,, Mon cher patron, daigne te souvenir,, Que cest par moi que tu voulus punir