du siecle de Louis XIV. gg
Distinguons bien ces négligences , ces puérilités quifont en très-grand nombre , des traits admirables dece charmant auteur, qui font en plus grand nombreencore.
Quel est donc le pouvoir naturel des vers naturels,puisque par ce seul charme la Fontaine avec de grandesnégligences a une réputation si universelle 8c si méritée,fans avoir jamais rien inventé ! mais ausiì quel méritedans les anciens Asiatiques , inventeurs de ces fablesconnues dans toute la terre habitable !
F o N t E n e l l e ( Bernard le Bouvier de) né à Rouen lei i février 1657. On peut le regarder comme l’esprit leplus universel que le siècle de Louis XIV ait produit. 11 aressemblé à ces terres heureusement situées qui portenttoutes les espèces de fruits. II n’avait pas vingt anslorfqu’il fit une grande partie de la tragédie-opéra deBcllérophon , 8c depuis il donna l’opéra de Thétis <b Pelée,dans lequel il imita beaucoup Quinault , 8c qui eut ungrand succès. Celui d'Enée à- Lavinie en eut moins. 11essaya ses forces au théâtre tragique ; il aida IVstk Bernard,dans quelques pièces. 11 en composa deux, dont unefut jouée en 1 6S0,8c jamais imprimée. Elle lui attiratrop long-temps de très-injustes reproches : car il avaiteu le mérite de reconnaître que , bien que son esprits’étendit à tout, il n’avait pas le talent de Pierre Corneilleson oncle pour la tragédie.
En 1686 il fit l’allégorie de Mero Sc à'Enegu , c’estRome 8c Genève. Cette plaisanterie si connue, jointeà Yhìjloire des oracles , excita depuis contre lui unepersécution. II en essuya une moins dangereuse 8c quin’était que littéraire, pour avoir soutenu qu'à plusieurs
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