DO SIECLE DE LOUIS XIV. 101
Les éloges qu’il prononça des académiciens mortsont le mérite singulier de rendre les sciences respectables,8c ont rendu tel leur auteur. En vain l’abbé des FontainesS: d’autres gens de cette espèce ont voulu obscurcir saréputation, c’est le propre des grands-hommes d’avoirde méprisables ennemis. S’il fit imprimer depuis descomédies froides, peu théâtrales, 8c une apologie destourbillons de Descartes , on a pardonné ces comédiesen faveur de fa vieillesse, 8c son cartésianisme en faveurdes anciennes opinions qui dans fa jeunesse avaient étécelles de l’Europe.
Enfin on l’a regardé comme le premier des hommesdans l'art nouveau de répandre de la lumière 8c desgrâces fur les sciences abstraites, Sc il a eu du méritedans tous les autres genres qu’il a traités. Tant de talensont été soutenus par la connaissance des langues 8c del’histoire, Sc il a été fans contredit au-dessus de tousles savans qui n’ont pas eu le don de l’invention.
Son hijloire des oracles , qui n’est qu’u n abrégé très-sage 8c ‘rès-modéré de la grande histoire de Vandale, luifit une querelle assez violente avec quelques jésuitescompilateurs de la vie des saints, qui avaient précisé-ment l’esprit des compilateurs. Us écrivirent à leurmanière contre le sentiment raisonnable de Vandale 8cFontenelle. Le philosophe de Paris ne répondit point; maisson ami le savant Bajnage philosophe de Hollande ( i )répondit, 8c le livre des compilateurs ne fut pas lu.Plusieurs années après, le jésuite le Tellier confesseur de
( 1 ) pressa long-temps Fontenelle de répondre à Balthus. Mon.
parti est pris, répondit Fontenelle, je ne répondrai point an Uvre dujésuite ; je consens que le diable ait été prophète , puisque Balthus le veut >&: qu’il trouve cela plus orthodoxe.
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