DU SIECLE DE LOUIS XIV. I
dans ses satires avec les mauvais écrivains. Le peuqu’on a de lui passe pour être d’un goût délicat. Onpeut connaître son mérite personnel par cette épitaphe,que fit pour lui Fieubet le maître des requêtes, l’un desesprits les plus polis de ce siècle.
Sous ce tombeau gît Saint-Pavin ;
Donne des larmes à fa fin.
Tu fus de ses amis peut-être ?
Pleure ton fort 8c le fien :
Tu n'en fus pas? pleure le tien,
Passant, d’avoir manqué d’en être.
Mort en 16 7 o.
Sain t-P i e r r e ( Castel , abbé de ) né en 1658,gentilhomme de Normandie, n’ayant qu’une fortunemédiocre, la partagea quelque temps avec les célébrésVarignon 8c Fontenelle. 11 écrivit beaucoup fur la politique.La meilleure définition qu’on ait fait en général de sesouvrages est ce qu’en disait le cardinal Dubois , quec’étaient les rêves d’un bon citoyen. 11 avait la simplicitéde rebattre dans ses livres les vérités les plus triviales dela morale ; 8c par une autre simplicité, il proposait presquetoujours des choses impossibles comme praticables. Unecessa d’insister fur le projet d’une paix perpétuelle, Scd’une espèce de parlement de l'Europe, qu’il appelle ladiète europaine. On avait imputé une partie de ce projetchimérique au roi Henri IV , 8cl'abbé de S 1 Pierre , pourappuyer ses idées , prétendait que cette diète europaineavait été approuvée 8c rédigée par le dauphin duc deBourgogne , 8: qu’on en avait trouvé le plan dans lespapiers de ce prince. II se permettait cette fiction pourmieux faire goûter son projet. II rapporte avec bonnefoi la lettre par laquelle le cardinal de Fleuri répondit