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Tome vingtieme.
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2 16 De$ Etats de l’Europe

s’accordent surtout dans la sage politique de tenirentr’elles, autant qu elles peuvent, une balance égalede pouvoir, employant fans cesse les négociations,même au milieu de la guerre, & entretenant les uneschez les autres des ambassadeurs, ou des espions moinshonorables, qui peuvent avertir toutes le cours desdesseins d'une feule, donner à la fois l’alarme àl’Europe. 8c garantir les plus faibles des invasions quele plus fort est toujours prêt d’entreprendre.

Depuis Charles - Quint la balance penchait du côtéde la maison d Autriche. Cette maison puissante était,vers l an 1630 , maîtresse de l’Efpagne, du Portugal,8c des trésors de f Amérique ; les Pays-Bas, le Milanais,le royaume de Naples , la Bohème, la Hongrie, l’Alle-magne même ^ si on peut le dire) étaient devenus sonpatrimoine ; 8c si tant d'Etats avaient été réunis fousun seul chef de cette maison , il est à croire quel'Europe lui aurait enfin été asservie.

De l’Allemagne.

L’empire d’Allemagne est le plus puissant voisinqu'ait la France : il est d’une plus grande étendue ;moins riche peut-être en argent, mais plus féconden hommes robustes 8c patiens dans le travail. Lanation allemande est gouvernée , peu s'en faut,comme l’était la France fous les premiers rois Capétiens,qui étaient des chefs, souvent mal obéis , de plusieursgrands vassaux 8c d’un grand nombre de petits.Aujourd'hui soixante villes libres, 8c qu'on nommeimpériales , environ autant de souverains séculiers ,près de quarante princes ecclésiastiques, soit abbés,soit évêques , neuf électeurs, parmi lesquels on peut